Myanmar

Trek de Kalaw au lac Inle pendant la mousson : l’idée de génie

En route pour Kalaw

Lundi 3 octobre. Aujourd’hui nous partons pour Kalaw dans l’optique de réaliser notre premier trek jusqu’au lac Inle. On prend la route sous la pluie (again), dans un mini bus VIP qui n’a rien de VIP. Tellement pas VIP que le moteur lâchera au bout de 4h de route. Et vas y que je te change de bus au milieu de nul part, mais le point positif c’est qu’on gagne la clim dans notre nouveau bolide.

Après un peu plus de 6h de route, on arrive finalement à Kalaw, où une sensation de fraîcheur que nous avions oublié nous envahit (#bonheur). Ni une, ni deux, nous partons à la recherche d’une agence pour organiser notre trek. Après moult délibérations, nous optons pour celle qui nous paraît la mieux (malinx le lynx). Nous sommes censés nous joindre à Esther, une Espagnole. Un petit groupe de trois, ça nous dit bien. On part faire quelques courses (traduction en language Anaïs : des bonbonsssss et du chocolaaaaaaat) pour notre ravitaillement et hop au dodo (dans l’hôtel le plus miteux du séjour #cucaracha).

Trek, Jour 1 : c’est parti mon kiki !

Mardi 4 octobre. Nous sommes fins prêts. On laisse nos maisons (non sans crainte) à l’agence qui se chargera de les livrer à notre hôtel au Lac Inle où ils nous attendront bien sagement (on espère). On retrouve Esther, Rong Rong et Kriss (un couple sino-britannique) ainsi que Omer et Adèle (couple israélien). Le trek en petit comité c’est râpé. On fait la rencontre de nos deux guides : Hé Hé et Dunka et c’est parti.

Nous devons avaler aujourd’hui 21 km. La première matinée se passe sans encombre, avec des paysages à couper le souffle. Au fil des discussions, nous apprenons que dans le groupe il y a un médecin et deux ingénieurs, on se sent tout de suite moins en danger !

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Après une pause déjeuner dans les hauteurs, on repart pour boucler les kilomètres restants. Et là, ça se gâte et on se sent un peu comme Forrest Gump au Vietnam, « on a connu tous les types de pluie : la pluie fine et cinglante; la grosse pluie d’averse; la pluie battante de côté; et certaine fois même une pluie qui semblait venir d’en dessous. ». Et quand ça se calme et que tu te découvres parce que tu meures de chaud, et ben… il repleut ! Une seule exception, la pluie s’arrête à chaque fois que l’on fait une pause (merci la pluie, tu es trop bonne).

GOPR1747_SnapseedlowUn trek sous la pluie c’est quand même plus sympa !

Nos amies les sangsues !

Et maintenant on connaît aussi la boue. Ha la boue, on aime la boue. Mais il y a aussi de nouvelles venues : les sangsues ! Ces vicieuses petites sal… saletés ! Du coup, on commence à passer plus de temps à observer nos pieds que le paysage. On arrive finalement chez l’habitant avec, pour poser le décor, paillasse à même le sol les uns à côté des autres, douche extérieure à 4° et toilettes… non on ne vous dira pas comment sont les toilettes ! C’est finalement ce qu’on recherchait, pousser un peu nos limites physiques et mentales (ah ben là ma pauvre Lucette c’est réussi).

Pour Kriss, Anglais de son état, la douche glacée ressemblait plutôt à un bon bain moussant ! Il était dans son élément. Faut dire qu’ils sont quand même différents ces anglais ! Il aura passé les 3 jours du treks en short… avec les épines, les ronces, les plantes urticantes, les sangsues ! Il a fini avec les jambes en charpie, mais heureux ! C’est pour ça qu’on les aime bien, toujours de bonne humeur ces anglais !

A ce moment là, y’en a une dans le groupe qui ne rigole plus, mais alors plus du tout, c’est Adèle. Il faut dire qu’Adèle n’est pas très branchée sport à la base et qu’il s’agit de leur lune de miel avec Omer (le génie !). On vous laisse imaginer… On ne parle pas l’hébreu, mais pour le coup on comprenait tous assez bien ce qu’elle voulait dire quand elle avait quelque chose à dire (et quand elle ne pleurait pas). D’ailleurs ce trek coûtera bien plus cher que prévu à Omer puisque Adèle lui réclame désormais une nouvelle lune de miel, mais cette fois une vraie et à Paris !

On a quand même notre petite idée du pourquoi le trek était si dur pour eux ! A chaque arrêt, il achetait environ 1kg de chocolat et friandises. On ne vous ment pas, ils avaient vraiment une énorme pochette remplie entièrement de cochonneries ! A quoi il faut ajouter la trousse de toilette format XXL que tu prends quand tu pars 3 semaines en vacances avec ta valise de 1000 litres ! Et clou du spectacle, le distributeur de gel hydroalcoolique, lui aussi format XXL, celui qu’on trouve dans les restaurants ! Et dire que de notre côté on se posait la question de savoir si il fallait prendre un ou deux t-shirts pour ces 3 jours !

Trek, Jour 2 : ça commence à piquer !

Mercredi 5 octobre. Après une nuit quelque peu difficile (c’est pas évident évident de dormir par terre à côté des tes 6 comparses dont un qui ronfle), vous prenez les mêmes et on recommence. Toutefois, aujourd’hui, même si la route est moins compliquée, elle n’en reste pas moins difficile désormais avec la fatigue et les petits bobos. Mais les paysages sont toujours époustouflants (quand on ne regarde pas nos pieds), et nous avons la chance de croiser des ethnies birmanes un peu médusées de nous voir là. Bon on ne vous le cache pas, la matinée fait mal, mais le meilleur reste à venir.

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On commence l’après-midi avec Rong Rong, qui se plante magistralement. On a eu de la peine pour elle, avec ses baskets basses et chaussettes toutes fines, elle a mal jugé la boue et s’est enfoncée jusqu’aux chevilles. Résultat : les pieds trempés jusqu’à la fin du trek ! Après ça elle n’avait plus trop peur de mettre les pieds n’importe où !

Euhhhh faut vraiment traverser là ?!

Puis, nous arrivons devant ce qu’on appelle chez nous une rivière et ce qu’ils appellent ici une route. Au début, on pense que nos deux gentilles petites guides nous font une blague, mais on comprend que non quand l’une d’elle se déchausse vraiment pour traverser. Fou rire général (sauf pour Adèle). Nous voilà tous, pieds nus en train de traverser cette eau de mousson douteuse. Mais avant d’atteindre l’eau, il faut passer par le chemin boueux jusqu’aux chevilles. On ne vous décrit même pas la sensation. C’était drôle jusqu’à ce que les sangsues refassent leur apparition. On faisait un peu moins les malins du coup.

Une fois rechaussés, on s’est retrouvé coincés une nouvelle fois. Et là, pas d’autre choix que de continuer en passant par les rizières. En gros, on marchait sur une bande de terre boueuse de 20 cm de large et d’un côté tu peux tomber dans l’eau et de l’autre tu peux… aussi tomber dans l’eau.

Le riz, on peut en parler aussi tant on a traversé un nombre incalculable de rizières ! On a donc eu affaire selon nous (la notion est importante) au riz blanc, au riz brun, au riz jaune (ahahah), au riz rouge, au riz long, au riz moyen, au riz rond, au riz basmati, au riz zotto, au riz kiki etc… (merci de ne pas juger notre humour de merde, nous sommes très fatigués en écrivant après ces 3 jours de trek !).

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Belle galère que cet après-midi, mais au final la plus sympa. On mettra tellement de temps à arriver au village, que la nuit sera déjà tombée. Une des guides nous avouera que c’est la première fois en 3 ans que cela lui arrive (tilalilalou).

Pur moment de bonheur lors du lavage de pied dans ce qui nous sert de douche : une bassine d’eau au fond du jardin. Le voyage, ça te fait vraiment apprécier les petites choses. Un bon repas et un bon lit… enfin, un sol un peu moins dur. A ce stade du trek, selon les guides nous avons effectué 43 km. Info ou intox ? Selon nos Fitbit nous en sommes déjà à 52 km. On a quelque peu la notion des distances et du temps qui diffère…

Trek, Jour 3 : on y est presque !

Jeudi 6 octobre. Troisième et dernier jour de notre trek. Autant vous dire que l’enthousiasme du premier jour à laissé place aux visages crispés et aux gémissements ! On a tous envie d’en finir avec ces « 15 » derniers kilomètres. Enfin, disons plutôt 20km étant donné que nous n’avons pas la même notion de temps et de distance avec les guides !

D’ailleurs elles avaient une technique bien à elles : à chaque fois que l’on demandait à combien de temps nous étions de la prochaine étape, elle répondait « 30 mn » ! Ca a marché les deux premiers jours mais pas le 3ème ! Quand on te dit qu’il reste 10km et qu’on y sera dans 30mn, tu te rends compte qu’on te prend pour un pigeon !

GOPR1734_Snapseedlow« Allez force toi à sourire, c’est pour envoyer aux parents, on va leur faire croire que c’est cool un trek »

Esther a décidé pour ce dernier jour de mettre son pantalon de rechange tout neuf au vue des conditions qui s’annoncent plutôt clémentes. Bonne idée : elle sera sanctionnée d’une double chute dans la boue en moins de 5 minutes !

Cette dernière journée sera tout de même assez facile d’un point de vue du terrain. Peu de pluie, donc peu de boue. Même pas une petite sangsue histoire de rigoler. Nous avalerons la distance dans la matinée et délivrance ultime : arrivée au restaurant à côté de l’embarcadère qui nous mènera au Lac Inle en pirogue.

On arrose ce qui s’apparente à une victoire avec une bonne bière bien fraîche ! Nous échangeons nos emails/facebook et il est temps de quitter ce groupe que nous formions depuis trois jours.

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Nos impressions sur ce trek de Kalaw au lac Inle

Au final, nous avons passé 3 jours intenses, assez rudes physiquement avec pas mal de petite galères. Mais le super groupe que nous formions nous a permis de ne pas voir le temps passer. Nous étions toujours en train de discuter les uns avec les autres. Très bonne ambiance générale, beaucoup de fous rires entres les chutes dans l’eau, dans la boue, la traversée de la petite rivière. Un très bonne expérience que nous renouvellerons certainement durant notre voyage (la phrase que tu places facilement au moment de rédiger l’article, mais que tu n’aurais jamais dite à la fin du trek !)

Le « bro tip » du trek

Ne JAMAIS être le dernier du groupe ! Et oui parce que quand le groupe fait une pause, il attend tranquillement assis, à boire un coup que les derniers arrivent. Et quand enfin ils arrivent, et ben du coup hop on repart direct parce qu’on a assez perdu de temps ! Donc conclusion, quand t’es dernier, tu fais jamais de pause, mais tu vois toujours les autres au repos ! Pour les mauvaises langues, on précise que ça n’était pas nous (enfin rarement !).

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Myanmar - Trek Kalaw to Inle Lake

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Golden Kalaw Inn à Kalaw : 18€ la nuit. Une nuit mais pas plus !

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Trek de Kalaw au Lac Inle: 50.000 Kyatts (35€) pour 3 jours 2 nuits (comprenant guide, logement chez l’habitant et repas). Réservé avec Uncle Sam.
Pass « Lac Inle »: à payer au check point le 3ème jour : 12.500 Kyatts (9€)

 

voiture transport Transport voiture transport

Bus de Bagan à Kalaw : 15.000 Kyatts (11€). Durée : 6h.

Prix par personne (sauf pour le logement qui est toujours pour une chambre double… tant que l’on sera en bons termes !)

Trek de Kalaw au lac Inle pendant la mousson : l’idée de génie
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10 Commentaires

  • Répondre
    Electron
    18 octobre 2016 at 14 h 18 min

    Bravo Les Gros Sacs !

    Un tour du monde , ce n ‘est pas des vacances , tout le monde sait ça !
    ça vous fera des souvenirs, d’ailleurs on se souvient plus souvent des galères.
    Vous devez être en Thailande, maintenant. Un petit trek thai, dans le nord du pays , maintenant que vous entrainés ? 😉 Bonne continuation

    • Répondre
      Les Gros Sacs
      18 octobre 2016 at 16 h 33 min

      Merci merci, on est pas peu fiers :p Enfin quelqu’un qui reconnait que voyager c’est du boulot et des souffrances ! En effet nous sommes dans le nord de la Thaïlande et pour l’instant on se jette plutôt sur la nourriture que sur un nouveau trek !

  • Répondre
    Sandrine
    18 octobre 2016 at 19 h 54 min

    Top de vous lire, sachant qu’on part dans deux semaines. Bon niveau trek, on m avait dit, non ca va, c est gérable, même si pas sportive….
    Ouille… ca a l air sport sport et des sansues????
    Mais merci pour votre partage, j adore

    • Répondre
      Les Gros Sacs
      19 octobre 2016 at 3 h 16 min

      Merci Sandrine ! C’est un peu sport en effet mais en saison sèche (à partir de maintenant grosso modo), ça devrait être beaucoup plus simple 🙂

  • Répondre
    Jeoff
    19 octobre 2016 at 22 h 11 min

    J’ai surkiffé l’article et votre humour en général sur le blog.
    Vous écrivez trop bien !
    (Et j’adore vos galères, enfin à lire assis devant le PC au chaud quoi. :p)

    • Répondre
      Les Gros Sacs
      20 octobre 2016 at 3 h 43 min

      Merci merci ! Ne t’inquiète pas, y’aura des galères aussi quand vous viendrez nous voir :d

  • Répondre
    Frédéric et Mariel
    24 octobre 2016 at 23 h 00 min

    On a repris la lecture de votre voyage. Toujours de très belles photos. Merci et en plus on est au sec !
    Les voisins de Cusset

    • Répondre
      Les Gros Sacs
      25 octobre 2016 at 4 h 16 min

      Gna gna gna ! Et ben nous on a chaud tous les jours maintenant :p

  • Répondre
    enrandonions.wordpress.com
    9 novembre 2017 at 7 h 07 min

    Bonjour,

    Il fallait être motivé avec ce temps !
    Juste pour savoir, c’était pas trop touristique le trek Kalaw-Inle ? On hésite à faire un autre trek moins touristique dans la région…on a pas envie de se retrouver avec 10 groupes différents !
    Merci pour l’info !

    • Répondre
      Les Gros Sacs
      12 novembre 2017 at 19 h 02 min

      Hello, alors nous on a croisé très peu de groupes, mais c’est peut-être la saison qui jouait aussi ! En tout cas, c’est un super souvenir même si on en a chié !

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